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Adénomyose et endométriose en même temps : comprendre

7 min de lecture1 578 mots

Adénomyose et endométriose en même temps : un double défi gynécologique

Vivre avec des douleurs pelviennes chroniques, des règles abondantes et des rapports intimes douloureux peut être un véritable calvaire. Pour de nombreuses femmes, ce tableau clinique cache parfois non pas une, mais deux pathologies gynécologiques : l’endométriose et l’adénomyose. Souvent confondues, ces deux maladies inflammatoires et hormono-dépendantes peuvent en effet coexister, compliquant le diagnostic et la prise en charge. Si vous vous demandez si vous souffrez d’adénomyose et d’endométriose en même temps, cet article est fait pour vous. Nous décryptons leurs spécificités, leurs points communs et les stratégies pour mieux vivre avec.

Points clés à retenir

  • L’endométriose se situe en dehors de l’utérus, l’adénomyose à l’intérieur de sa paroi musculaire.
  • Il est fréquent d’avoir les deux maladies simultanément : on estime que 20 à 50% des femmes atteintes d’endométriose ont aussi une adénomyose.
  • Les symptômes se recoupent (douleurs, règles abondantes) mais peuvent être plus intenses en cas de coexistence.
  • Le diagnostic repose sur l’imagerie médicale (IRM, échographie endovaginale) et l’examen clinique.
  • La prise en charge est multidisciplinaire et personnalisée, allant des traitements médicaux à la chirurgie.

Comprendre l’adénomyose et l’endométriose

Avant de plonger dans leur possible coexistence, il est essentiel de bien définir chacune de ces pathologies, souvent qualifiées de « maladies sœurs ».

L’endométriose : quand le tissu utérin voyage

L’endométriose est une maladie chronique caractérisée par la présence de tissu semblable à la muqueuse utérine (l’endomètre), en dehors de la cavité utérine. Ce tissu, dit « endométriosique », se greffe et saigne sous l’influence des hormones du cycle menstruel, provoquant des lésions, des kystes (endométriomes) et des adhérences. Il peut se localiser sur les ovaires, les ligaments utéro-sacrés, le péritoine, la vessie, le rectum, et plus rarement sur des organes à distance.

« L’endométriose n’est pas juste de « mauvaises règles ». C’est une maladie inflammatoire complexe qui peut toucher plusieurs organes et altérer considérablement la qualité de vie. » – Dr. E. Lebovici, Gynécologue.

L’adénomyose : quand le tissu s’infiltre dans le muscle

L’adénomyose, parfois appelée « endométriose interne », est quant à elle caractérisée par la présence de glandes et de stroma endométrial à l’intérieur du myomètre, la paroi musculaire de l’utérus. Cette infiltration provoque un épaississement et un durcissement de l’utérus, qui peut devenir douloureux et sensible. Contrairement à l’endométriose, l’adénomyose reste confinée à l’organe utérin.

Différences clés : deux maladies distinctes

Bien que liées par la nature du tissu impliqué, ces deux affections présentent des différences fondamentales.

Tableau comparatif : Adénomyose vs Endométriose
Critère Adénomyose Endométriose
Localisation À l’intérieur de la paroi musculaire de l’utérus (myomètre). En dehors de l’utérus (ovaires, péritoine, intestin, vessie, etc.).
Organe principal touché Uniquement l’utérus. Multiple (organes pelviens et parfois extra-pelviens).
Symptômes caractéristiques Règles très abondantes (ménorragies), utérus augmenté de volume, douleurs pelviennes constantes. Douleurs cycliques intenses, douleurs pendant les rapports (dyspareunie), troubles digestifs ou urinaires cycliques, infertilité.
Impact sur la fertilité Peut gêner l’implantation de l’embryon et être associée à des fausses couches. Peut causer l’infertilité par des mécanismes variés (adhérences, inflammation, altération de la qualité ovocytaire).
Diagnostic d’imagerie de référence IRM pelvienne et échographie endovaginale spécialisée. IRM pelvienne et échographie endovaginale spécialisée. La laparoscopie reste l’examen de certitude.

Peut-on avoir une adénomyose et une endométriose en même temps ?

La réponse est oui, et c’est même une situation fréquente. Les études estiment qu’entre 20% et 50% des femmes diagnostiquées avec une endométriose présentent également une adénomyose. Cette coexistence n’est pas un hasard. Les deux maladies partagent des mécanismes physiopathologiques communs, notamment des facteurs hormonaux, immunitaires et inflammatoires. Leur association peut potentiellement aggraver les symptômes et complexifier le tableau clinique.

« Ne soyez pas surprise si votre médecin évoque les deux diagnostics. Leur association est malheureusement courante. L’important est d’avoir une cartographie complète de vos lésions pour adapter le traitement. » – Pr. C. Chapron, Gynécologue spécialiste.

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Symptômes : quand les douleurs s’additionnent

Lorsque les deux pathologies coexistent, les symptômes peuvent se superposer et s’intensifier, créant un tableau particulièrement lourd :

  • Dysménorrhée sévère : Des douleurs de règles extrêmement intenses, qui peuvent débuter plusieurs jours avant les règles et persister après.
  • Ménorragies : Des règles très abondantes et prolongées, parfois avec des caillots, typiques de l’adénomyose.
  • Douleurs pelviennes chroniques : Une sensation de pesanteur ou de douleur sourde constante dans le bas-ventre.
  • Dyspareunie profonde : Des douleurs pendant les rapports sexuels, souvent liées aux foyers d’endométriose profonde et à un utérus adénomyosique sensible.
  • Troubles digestifs et urinaires cycliques : Ballonnements, diarrhée, constipation, douleurs à la défécation ou brûlures urinaires qui surviennent autour des règles.
  • Infertilité : La combinaison des deux pathologies peut majorer les difficultés à concevoir.

Diagnostic : un parcours souvent complexe

Le diagnostic de cette double pathologie repose sur une approche pluridisciplinaire :

  1. Consultation gynécologique approfondie : Analyse détaillée des symptômes, de leur cyclicité et de leur retentissement sur la vie quotidienne. Un examen clinique peut révéler un utérus augmenté de volume, sensible ou fixe.
  2. Imagerie spécialisée :
    • Échographie pelvienne endovaginale : Réalisée par un radiologue ou un gynécologue formé, elle peut détecter des signes d’adénomyose (myomètre hétérogène) et d’endométriose ovarienne (kystes endométriosiques) ou profonde.
    • IRM pelvienne : C’est l’examen de référence pour cartographier précisément l’étendue de l’endométriose profonde et confirmer le diagnostic d’adénomyose. Elle guide les choix thérapeutiques.

Il est crucial de consulter un professionnel de santé sensibilisé à ces pathologies pour éviter un retard diagnostic, qui est en moyenne de 7 à 10 ans pour l’endométriose.

Traitements et prise en charge

Il n’existe pas de traitement unique curatif définitif, mais une palette d’options pour soulager les symptômes et améliorer la qualité de vie. Le choix dépend de l’âge, du désir de grossesse, de la sévérité des symptômes et de l’étendue des lésions.

Traitements médicaux

Ils visent à mettre au repos les lésions hormono-dépendantes :

  • Contraception hormonale en continu (pilule, stérilet hormonal, implant) : Pour supprimer les règles et donc les saignements des lésions.
  • Analogues de la GnRH : Ils induisent une ménopause artificielle et réversible, réservés aux cas sévères pour une durée limitée.
  • Antalgiques et anti-inflammatoires : Pour gérer la douleur au quotidien.

Traitements chirurgicaux

Ils sont envisagés lorsque les traitements médicaux sont inefficaces ou en cas de désir de grossesse avec obstacle mécanique.

  • Chirurgie de l’endométriose : Cœlioscopie pour exciser ou détruire les lésions d’endométriose, libérer les adhérences.
  • Traitement de l’adénomyose : Plus complexe. L’embolisation utérine peut être une option. Dans les cas les plus sévères et en l’absence de désir de grossesse, une hystérectomie (ablation de l’utérus) peut être proposée comme solution définitive.

Approches complémentaires et bien-être

Pour mieux vivre au quotidien, pensez à :

  • Gestion du stress : Sophrologie, méditation, yoga adapté.
  • Alimentation anti-inflammatoire : Réduire les aliments transformés, privilégier les oméga-3, les fruits et légumes.
  • Thermothérapie : Une bouillotte sur le bas-ventre pour soulager les spasmes douloureux.
  • Choisir une lingerie femme confortable : Opter pour des matières douces et des coupes qui ne compriment pas le ventre, comme certains modèles de soutiens-gorge sans armatures les jours de crise.

Questions fréquentes sur l’adénomyose et l’endométriose

L’adénomyose est-elle une forme d’endométriose ?

Non, ce sont deux maladies distinctes. On parle parfois d' »endométriose interne » pour l’adénomyose car le tissu impliqué est similaire, mais sa localisation strictement intra-utérine et ses caractéristiques en font une entité à part, même si elles coexistent souvent.

Est-ce que l’adénomyose empêche de tomber enceinte ?

L’adénomyose peut nuire à la fertilité en créant un environnement utérin inflammatoire et moins réceptif à l’implantation de l’embryon. Elle est également associée à un risque accru de fausse couche. Son impact est souvent majoré lorsqu’elle est associée à l’endométriose.

Quel est le traitement le plus efficace pour les deux maladies ?

Il n’y a pas de traitement universel. La prise en charge est personnalisée. Souvent, un traitement hormonal (comme un stérilet hormonal) peut agir sur les deux fronts en supprimant les règles. Pour les formes sévères, une combinaison de chirurgie (pour l’endo) et de traitement médical peut être nécessaire.

L’hystérectomie guérit-elle l’endométriose ?

Non. L’hystérectomie ne retire que l’utérus, donc elle peut guérir l’adénomyose (puisque l’utérus est enlevé) mais pas l’endométriose, dont les lésions sont situées en dehors de l’utérus. Les douleurs liées à l’endométriose pourraient persister après l’intervention.

Les symptômes disparaissent-ils à la ménopause ?

Généralement oui, car ces deux maladies sont hormono-dépendantes. La chute du taux d’œstrogènes à la ménopause entraîne le plus souvent une régression des lésions et la disparition des symptômes. Un traitement hormonal de la ménopause peut parfois les réactiver.

Conclusion

Vivre avec une adénomyose et une endométriose en même temps représente un défi quotidien, tant sur le plan physique que psychologique. Comprendre la nature de ces deux pathologies, leurs interactions et les options de prise en charge est la première étape pour reprendre le contrôle sur sa santé. N’hésitez pas à consulter un professionnel de santé spécialisé si vous vous reconnaissez dans ces symptômes. Vous n’êtes pas seule dans ce combat. Écoutez votre corps, faites-vous accompagner et n’ayez pas peur de demander un deuxième avis si nécessaire. Votre bien-être intime et global est primordial.

Sources et références

  • Organisation Mondiale de la Santé – Santé sexuelle et reproductive
  • Ameli.fr – Portail santé
  • HAS – Haute Autorité de Santé
  • Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF)
  • Société Française de Gynécologie (SFG)

Dernière mise à jour : 27 mars 2026


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